Le 3ᵉ Congrès National des Travailleurs Domestiques en République Démocratique du Congo s’est tenu à Beni du 26 au 27 mars 2026, réunissant des travailleuses et travailleurs venus de plusieurs provinces du pays. Placé sous le thème « Pour une législation protectrice des travailleuses et travailleurs domestiques en RDC », l’événement a été l’occasion de mettre au centre du débat les réalités, les défis et les perspectives d’un secteur encore largement informel mais essentiel au fonctionnement de nombreuses familles congolaises.
La première journée, organisée au Centre Laudato Si des Sœurs Orantes, a été marquée par des travaux en carrefours. Les participants ont réfléchi sur deux grandes questions : les défis persistants du travail domestique en RDC et la cartographie des acteurs impliqués, puis les alternatives possibles pour relever ces défis, en identifiant les responsabilités, les acteurs clés et les échéances prioritaires. À la fin de la journée, une restitution collective a permis de mettre en lumière des préoccupations concernant l’accès aux droits, la protection sociale, la reconnaissance du travail domestique et la nécessité de mécanismes de recours en cas de litiges. Un participant a résumé l’impact de ces échanges par un témoignage : « Ce Congrès m’a permis de découvrir les responsabilités de tous dans les questions des droits de nous travailleurs domestiques… Désormais je sais comment procéder et dans quelles conditions je dois travailler pour, en cas de litige, réclamer mon droit, notamment le droit au salaire selon l’accord conclu avec l’employeur. »
La seconde journée du congrès s’est tenue à l’Hôtel OKAPI Palace et a pris la forme d’un panel consacré à la syndicalisation dans le secteur du travail domestique. Des spécialistes, notamment des juristes, ont éclairé les participantes et participants sur la législation congolaise en vigueur et sur les moyens d’organiser la défense collective de leurs droits. Les échanges ont permis de démystifier plusieurs notions juridiques et d’encourager la création ou le renforcement de syndicats adaptés aux spécificités du travail domestique, un secteur où l’isolement des travailleurs rend souvent l’action collective difficile.
Par leur présence, les autorités provinciales du Nord-Kivu ont démontré l’importance accordée à cette thématique, soulignant que la protection des travailleurs domestiques est également une question de dignité humaine et de justice sociale. Le congrès s’est clôturé sur un message d’espoir et d’engagement : celui de voir émerger, dans les mois et années à venir, une législation plus claire, plus protectrice et mieux appliquée, afin que chaque travailleuse et travailleur domestique en RDC puisse exercer dans des conditions justes, sûres et respectueuses.

Notons que le Congrès a été organisé par le Syndicat des Association des Femmes Travailleuses Domestiques du Congo en collaboration avec ses partenaires sous la coordination d’un comité d’organisation.

